Le blog de José

28 septembre 2016

Après 9 années de pause, le retour !

Le temps a passé, l'envie d'écrire également.

Mais voilà, après une bonne trêve, l'idée de faire revivre ce petit blog me motive à nouveau !

En guise de premier article, voici le récit de la course du Grand Raid des Pyrénées. Il s'agit d'une course en montagne de 80km et de 55000m de dénivelé positif. Je goûte depuis 2013 aux joies du trail. Entre bobos et interruptions pour cause de vie familiale, me voici en 2016 de retour et plus motivé que jamais pour envoyer sur les sentiers.

Après avoir lu des dizaines de récits qui m'ont fait rêver, je me lance dans celui de mon expérience du GRP. J'ai d'abord eu envie d'écrire pour moi, pour poser des mots sur la magie de cette course, puis je me suis dit que cela pouvait aussi raviver quelques souvenirs chez ceux qui ont connu la magie du GRP. J'ai enfin pensé que cela pouvait donner envie à ceux qui ne l'ont pas fait de se lancer dans l'aventure. J'ai souhaité replacer cette course dans mon contexte actuel : la première partie présente donc ma reprise de la course à pied en 2016 après une longue interruption.

 

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Et voilà, nous y sommes ! Après une reprise tout en douceur au mois de mars et pas mal de kilos à perdre, je sens que j'arrive pour le Grand Raid des Pyrénées en forme, plutôt frais et plus motivé que jamais.

 

Petit retour sur la saison 2016 

Je reprends la course à pied après 10 mois de chantier pour retaper une maison. Au coeur de l’hivers, entre les enduits et la maçonnerie, je m’inscris sur un coup de tête aux 80km du Grand raid des Pyrénées. Au moins l’objectif est posé ! Le 15 mars, nous emménageons dans notre nouvelle chaumière et le 20 mars notre deuxième enfant naît. S'en suit alors un mois joyeux mais loin du sport !

 

Malgré tout, début avril, je sens l'envie de courir qui revient. Les 10 mois d'interruption quasi-complète ont été très longs, je trépigne à l’idée de chausser à nouveau les pompes et il va falloir s’y mettre si je veux courir le GRP ! Sauf qu'en voulant reprendre un peu trop vaillamment, des périostites mal soignées sont revenues immédiatement. Mi-avril, j’ai donc décidé de reprendre la course à pied « intelligemment ». La solution que j'ai trouvée consiste à faire des mini footing vallonnés à allure extrêmement lente plusieurs fois par semaine, afin de retrouver des sensations sous les pieds et dans les muscles.

 

Préchauffe pour le GRP : Guerlédan 58km

Après deux semaines de ce régime lent (3x7km par semaine), j’ai chargé un peu plus l’avant-dernière semaine précédant le trail de Guerlédan : une sortie vallonnée de 25 km le lundi puis une sortie de 40 km le jeudi. Car oui, je me suis inscrit aux 58 km de Guerlédan qui avaient lieu le 15 mai. Il n'y avait plus de place sur le 23km, donc je n'ai pas eu le choix ! C’était un peu tard dans le timing mais le corps a encaissé tout cela sans broncher. S’en est suivi ensuite une bonne semaine de récupération avec 2 petits footing plaisir avant la compétition.

 

Je pars tout en douceur à Guerlédan et au septième kilomètre ma poche à eau perce. Plutôt que de me lamenter sur mon sort, je considère cela avec optimisme : je vais être forcé de courir à la cool si je ne veux pas finir lyophilisé,  ce qui est une très bonne chose pour ce début de saison car j'aurais été incapable de me tenir si j'avais eu de l’eau. J’accélère tout-de-même un peu sur les 15 derniers kilomètres histoire de débourrer un peu les gambettes, c’est bon pour le moral ! Je termine 146ème, plutôt frais et ayant profité de la course. 3 jours de repos plus tard, je recommence à courir, histoire de voir si tout est au vert. C’est le cas ! 

 

Préparation GRP

Jusqu’à début juillet, je décide de courir plaisir à raison de 45 minutes à 1h, 2 à 3 fois par semaine, vallonné ou pas selon l’humeur. Quel plaisir de courir sans aucun autre objectif que celui d’aérer la truffe !

 

C’est bien beau tout ça mais si je souhaite aller au bout des 80km du GRP, il va être temps de s’y mettre sérieusement. Au cours des deux premières semaines de juillet, je cours 3 fois par semaine en réalisant une sortie d’1h30 à bon rythme, une sortie vélo de 2h-2h30 et une sortie plaisir (1h). Rien de bien violent ni de très cadré mais je sens que les jambes se renforcent, je perds un peu du poids accumulé au cours de la dernière année et je sens l’envie de courir croître.

 

15 juillet-5 août, vacances ! Nous partons à Madère puis aux Canaries en famille, je profite des siestes des enfants pour galoper dans les montagnes. Je cours tous les deux jours avec une alternance d’une sortie d’1h-1h30 technique et rapide (je me lâche en descente et je grimpe les côtes au taquet) et une sortie longue de 2h30 à 3h, à bon rythme mais sans trop forcer quand-même. Le 3 août, je pars de Las Palmas en direction du Pico de la Nieves, sommet de la Grande Canarie. Je redescend jusqu’à mi-parcours puis je rentre en bus après 6h de sortie. Les jambes sont en forme mais je commence à sentir une tendinite rotulienne. Il va falloir gérer en douceur jusqu’au GRP.

 

Je suis dubitatif sur mon entraînement sur ces îles : la chaleur a fortement limité ma vitesse de progression lors des sorties, j’ai beaucoup marché. Je ne sais pas si j’aurai assez de jus pour courir sur les sections roulantes du GRP. Je reste positif en me disant que j’aurai au moins appris à gérer la chaleur ! L’autre point faible : je n’ai réalisé aucun entraînement fractionné, de VMA. Mais comme c’est une course lente, ce n’est peut-être pas trop grave. Bref, les questions déboulent, ce qui se comprend puisque la distance de 80km/5000D+ m'est inconnue. (Mon plus long : les Templiers 70km/3400D+ en 2013).

 

Tendinite mon amour

Dimanche 7 août, retour à Nantes, 25°C, quelle fraîcheur ! Je pars pour un footing plat de 50 minutes à fond la caisse. Que du bonheur après trois semaines de sentiers escarpés dans un four. Sauf que la tendinite rotulienne se réveille vraiment. Et là je fais moins le malin : le mardi suivant, je tente une séance de côtes (10x2min) : impossible de pousser, j’abandonne au bout de 5 côtes, je ne peux plus descendre. Le moral est dans les chaussettes mais je décide de ne pas tout arrêter cependant. Je tente l’option « plusieurs petites sorties escargot » rapprochées : 1h à tout petit rythme histoire de ne pas trop solliciter mais histoire de ne pas raidir, puis glace et étirements. J

 

Je pars le vendredi pour une sortie de 1h vallonnée à tout petit rythme : même à pied, les descentes sont très douloureuses, je ressens comme un pic de douleur dans le genou à chaque flexion. Je glace, je n’y pense pas, je glace, j’oublie. Je repars le lendemain pour 40 minutes au même rythme. Et là, ça va mieux. Je tente alors l’impossible, partir le lendemain (14 août) pour ma dernière sortie longue : 4h. Je fais une pause après 1h30 de course car il fait super chaud. J’en profite pour masser doucement mon tendon, il semble tenir le coup. La fin de la sortie se passe plutôt bien.

 

17 août : je tente la dernière sortie côtes (10x1’30), je ne pousse pas trop mais la séance passe bien. Me voilà plutôt rassuré, j’ai l’impression que la baisse de charge de la semaine précédente a payé.

 

19 août : sortie plaisir d’une heure, tout cool, les jambes demandent à pousser mais ce n’est plus le moment ! La tendinite se fait oublier.

 

21 août : dernière sortie longue : 2h vallonnées, je me lâche un peu sur le milieu de parcours, j’ai envie d’accélérer, mais d’une part ce n’est absolument pas raisonnable et d’autre part la tendinite fait coucou au bout de 10 minutes. Je termine en souplesse, glace et étirements, la douleur s’estompe de nouveau.

 

23 août : petite sortie de 45 minutes, 100D+, 9,5km/h de moyenne. On a dit cool, c’est cool ! Je me fais doubler sur le sentier, je ronge mon frein !

 

Arrivée dans les Pyrénées : comme c'est beau !

24 août : j’ai rejoint mes parents et mon frère à Bagnères-de-Bigorre, je profite du coin pour ma dernière sortie de 25 minutes tout en douceur : je pars en direction du Bédat, un joli petit sommet qui domine la ville. En 25 minutes je n’ai fais que la première partie, mais la raideur de la pente réveille immédiatement ma tendinite. J’essaie de rester zen, d’oublier, je verrai bien le jour J. « Oui mais c’est quand-même inquiétant… » Chut ! On verra samedi.

 

25 août : j’embarque mes parents dans une chasse aux trésors sympathique : munis de jumelles, nous essayons de repérer les balises du parcours entre Tournaboup et le lac de Gréziolles, alternant balade à pied et en voiture. Le parcours est superbe mais ça va grimper sec ! L’itinéraire me paraît titanesque, la pression monte !

 

26 août : après une matinée à préparer et re-préparer mon sac, je file seul en direction de Vieille-Aure. Pour l’occasion, mes parents m’ont prêté leur camping-car. Quel luxe ! Je stationne à 300 mètres du départ, j’ai l’eau courante, le gaz, la musique, un lit 2 places… Royal. Après des pâtes au beurre / saucisson, je m’allonge vers 21h30 dans l’espoir de dormir quelques heures. La nuit sera plutôt moyenne, mais je parviens quand-même à grappiller quelques heures de sommeil et je me réveille vers 3h45, soit 15 minutes avant mon réveil. Brioche vendéenne, beurre, compote, jus d’orange. Rien d’hyper digeste mais j’ai faim et je n’ai jusqu’à présent jamais eu de problème de digestion en course. Je ne pars pas pour un 800m !

 

On y est !

4h30 : j’enfile mon petit sac, mes chaussures, mon tee-shirt, mon dossard, ma frontale. Pour l’occasion j’ai tenté de gratter du poids partout où c’était possible. Mini-frontale, chaussures de route de 240g, sac S-Lab Sense 3L, veste imperméable de 90g, tee-shirt et mini-short Décathlon de route. C’est la première fois que j’optimise le poids et je ne regrette pas : j’ai l’impression de partir tout nu ! Courir le GRP en chaussures de route est peut-être un peu risqué, mais les Sonic Pro (Salomon) ont un pare-pierre dur qui protège bien le gros orteil. Et puis je n’ai couru qu’avec ces chaussures depuis deux mois, sur des sentiers parfois très escarpés, alors je tente ! J’ai laissé une paire de NB Leadville à mes super assistants de course que sont mes parents et mon frère. En cas de douleurs, je pourrai les enfiler à un ravito. 

 

4h40 : je mets le nez dehors, l’air est frais, il fait bon, en route pour la ligne de départ ! Je me positionne à environ 5-10m de la ligne de départ, vers les 200èmes à la louche. Je me fais engueuler par un coureur qui n’apprécie pas trop de voir les premières rangées se garnir après son arrivée. Je ne sais pas trop qu’en penser, je me sens capable de tenir le rythme pour être 200ème, je me dis qu’il est préférable de se placer en fonction de son niveau. Bref je me fais tout petit et j’essaie d’oublier, ce serait dommage de partir tendu !

 

5h : Pan ! A l’attaque ! Je me lance dans le peloton, j’essaie de garder une distance de sécurité autour de moi car la nuit je vois très mal et je crains de m’emmêler les pieds dans ceux d’un autre coureur. Les deux premiers kilomètres sont plats et plutôt roulants ce qui permet de chauffer la machine. Je pars un peu fort mais sans me mettre dans le rouge, je me retrouve rapidement dans un petit groupe d’une dizaine, nous passons le 1er km en 4’30 et le deuxième en 5’10. Le peloton commence à s’étirer, voici le début des hostilités : la première grosse côte et de nuit ! Très vite je réalise que ma frontale manque de pêche et que la tendinite est bien présente. Mais enfin je ne vais pas abandonner après 2km, ce serait dommage ! J’attaque donc la côte sur un rythme assez soutenu mais pas non plus trop violent. 

 

Je remonte des coureurs petit à petit et hormis cette gêne au genou je me sens en pleine forme. Vers le 10ème kilomètre arrive le premier replat : j’en profite pour mettre un peu de vitesse. Ne voyant pas grand-chose, j’essaie d’augmenter la puissance de mon éclairage. Mais au moment de passer celui-ci en mode turbo patate je me perds dans les menus, si bien qu’elle s’éteint une demi-seconde, juste ce qu’il faut pour que je heurte une pierre. J’évite de justesse la chute mais je sens que je me suis vraiment contracté. Je repars dans mon petit groupe, un peu maussade, pestant contre ma lampe et mon genou. Vivement que le jour se lève, je ne suis décidément vraiment pas un coureur nocturne !

 

Arrivée à la cabane de Tortes, fin de la première grosse côte, et joli lever de soleil. Impeccable ! Le genou tient le coup, je peux enfin ranger cette frontale, en espérant ne pas avoir à la ressortir en fin de journée. Je me sens super bien et j’attaque la descente vers le ravito de Merlans à bonne allure (5’00 au km). La journée étant annoncée comme particulièrement chaude, je préfère mettre du rythme tant que la fraîcheur est de mise. Les cuisses sont à l’aise, je déroule avec plaisir et j’arrive à Merlans à 6h59. Je n’ai aucune idée de ma position, la course est longue, on verra plus tard. J’enfile un verre d’eau et je repars de suite.

 

La section suivante, en balcon au-dessus du lac de l’Oule est splendide. Je me retrouve dans un petit groupe de 5, nous filons bon train tout en papotant de temps à autre. Au bout de quelques minutes, le coureur qui me suit m’explique qu’il a déjà fait la course l’an passé et qu’il ne sert à rien de partir à fond car il y a souvent beaucoup de casse en fin du parcours. N’ayant jamais couru cette distance et ce dénivelé auparavant, je ne puis qu’être d’accord avec lui. Je lui demande à tout hasard combien il avait terminé : 9ème. Pardon ? J’ai dû mal comprendre. Sisi, 9ème. OK. Donc je suis au 20ème km en train de tailler le bout de gras avec le 9ème de cette même course l’année précédente. Mon objectif secret étant de finir moins de 200ème, la question se pose : suis-je complètement barge ou suis-je en sur-régime ? On dirait ni l'un l'autre, la tendinite reste discrète, le cardio indique 145bpm alors que nous avons pris d’assaut depuis quelques minutes la montée au col de Barèges.

 

Depuis le col, nous piquons vers le mini-ravitaillement d’Aygues Cluses ou l’on nous annonce être dans les 30 premiers ! Incroyable. Et toujours en pleine forme, je sens que j’en garde un peu sous le pied. Je bois 2 verres d’eau et 10 secondes plus tard me voilà reparti au taquet, remonté comme une pendulette !

 

La montée vers le col de Madamète est de toute beauté et fraîche grâce à l’altitude et à l’heure matinale. Si seulement je pouvais rester un peu au bord des petits lacs, les pieds dans l’eau ! On verra plus tard. En attendant, je repars en tête d’un groupe de 4 qui s’effiloche progressivement. Au col, j’attaque seul la descente, prudemment car la tendinite se réveille un peu. 5 minutes plus tard, je suis rattrapé par les 3 coureurs qui me passent devant à 200km/h. J’accélère alors un bon coup histoire de limiter la perte et curieusement, je ne résiste pas trop mal. 

 

Mon frère me rejoint pour le dernier kilomètre avant Tournaboup. Quel plaisir de le voir ! Nous passons ce dernier kilomètre en 4’50, je commence à sentir les jambes, mais quoi de plus normal après la descente qu’on vient de s’envoyer ! Au ravito, mes parents sont surpris de me voir si tôt ! La veille, je leur avait annoncé que j’estimais mon passage vers 11h-11h30 au plus tôt, mais il est 9h55 quand je pointe à Tournaboup ! Ma petite famille a soigneusement préparé mon ravitaillement : 1 minute plus tard, je repas avec 2 barres de céréales et 1L de boisson dans mes gourdes, soit l’équivalent de ce que j’ai consommé depuis le départ à 5h. Me voilà rechargé à neuf, en route pour le Pic du Midi !

 

Réchauffement apocalyptique

D’un seul coup, la course devient moins fun. J’ai chaud dans la côte, puis très chaud, puis trop chaud. J’avance comme une tortue, je prends un coup au moral lorsque je me fais doubler par deux gars super rapides tout de noir vêtus. Comment font-ils ? J’en double deux autres qui sont bien calcinés, j’ai mal pour l’un des deux quand je vois sa tête. Au fur et à mesure de l’ascension, la température diminue et je reprends du poil de la bête. J’arrive à reprendre quelques coureurs et je pointe au col du Sencours en 23ème position ! Je prends un petit temps au ravitaillement pour refroidir la machine, assis sur un chaise : 2 verres d’eau et un carré de fromage plus tard, soit 2 minutes 30 après mon entrée au ravitaillement je repars frais mentalement et physiquement, content de me lancer en direction du Pic !

 

Je suis assez rapidement déçu : j’espérais trottiner dans les lacets jusqu’au pied de l’ascension finale. Que nenni, ce sera marche jusqu’au bout. J’ai dû courir 300 m au total dans les portions les moins pentues, autant dire rien du tout. Ce qui me rassure c’est que personne ne me reprend dans la montée, personne sauf le 9ème de l’année passée, qui avait disparu de mon radar depuis le ravito de Tournaboup mais qui arrivera 30 secondes derrière moi au Pic. Je lève un peu le pied dans les 100 derniers mètres car je sens des débuts de crampes dans les mollets. Rien d’inquiétant, je n’ai jamais de crampes hormis en altitude. Dans 30 minutes je serai déjà pas mal redescendu, les crampes devraient disparaître, c’est du moins ce que je me dis en essayant de rester positif.

 

Le Pic !

Me voilà au Pic ! C’est beau ! Bon allez on se casse, on n’est pas là pour vendre des cartes postales. La descente au Sencours commence mal. L’ex 9ème me double en franchissant le mur du son, un autre coureur me dépasse rapidement. Arrivé au Sencours, je bois deux verres d’eau avant d’attaquer la longue et chaude descente. Looooonguuue et chaaaaauuude… Je subis vraiment, je cours comme un pingouin, je ne vois plus les gars qui m’ont doublé, je ne vois personne derrière, je suis seul, je surchauffe, je veux en finir avec cette portion sans vent. Juste avant la remontée à la Mongie, un coureur me dépasse, je suis incapable de le suivre. Je me rafraîchis autant que possible dans chaque sourcinette ou flaque d’eau. Quelques minutes avant l’arrivée à la Mongie, je vois deux types qui me reprennent du terrain. Dans ma tête, je commence à faiblir : « j’ai été trop présomptueux, je n’ai aucune expérience de cette distance et je tire à fond, quel abruti ». En fait, je suis tellement au-dessus de mes objectifs de temps que j’en viens à me résigner : même si je lève le pied, je devrais quand-même arriver dans les 200 premiers ! Alors on ne lâche pas, le but c’est de finir, on verra bien.

 

La Mongie, centre de réanimation ?

A l’arrivée à la Mongie, je crève de chaud. Un organisateur demande à contrôler une partie de mon équipement de sécurité : couverture de survie et veste imperméable. Tout y est, je file vers le ravitaillement. Et là, devant moi c’est l’hospice derrière le champ de bataille : 2 coureurs sont sur des civières, un autre ne tient pas debout, un autre est en doudoune, un autre encore parle bizarrement. Ok, j’ai souffert mais quand je vois ces types, je réalise que c’est dur pour tout le monde. Je fais une longue pause (7 minutes), histoire de bien me rafraîchir et de bien m’hydrater (coca et eau). Je ressors du ravitaillement en grelottant. Ça c’était un rafraîchissement ! Le gros coup de chaud et la fatigue ont laissé des traces, je suis encore un peu attaqué, mais visiblement un peu moins que ceux qui sont restés dans le ravitaillement. Je pointe 25ème, ce n’est pas le moment de faiblir. Mes parents sont là, avec 1L de boisson toute fraîche ! Géniaux les assistants de course ! Et cerise sur le gâteau, je repars avec mon frère qui m’accompagnera jusqu’au col de Bastanet.

 

La chaleur est toujours forte et une fois arrivé vers les cabanes de Barassé, la montée vers le lac de Gréziolles est terrible. Mon frangin me motive bien mais je suis atone, je me répète en boucle que dans la troupe y’a pas de jambes de bois, que la meilleure façon de marcher c’est de mettre un pied devant l’autre et de recommencer. Trois coureurs me dépassent, je n’ai plus la force de suivre. C’est moralement difficile, je m’accroche tant bien que mal.

 

Nuages en vue ! 

Soudain, à l’approche du lac de Gréziolles, des nuages cachent le soleil qui ne reviendra quasiment plus. En quelques minutes, je me sens ragaillardi ! Je croise assis sur le chemin un des coureurs qui m’avait doublé. Il se repose un peu mais il va bien. Je l’abandonne alors et je sens que les jambes on repris des forces. Avec mon frangin on se met alors à courir le long du lac de Gréziolles, puis à monter jusqu’au refuge de Campana à donf. Que c’est bon ! Au ravitaillement, quelques coureurs font une pause avant d’attaquer la dernière portion en altitude. Je pointe 22ème et je suis en pleine forme ! Incroyable ! 1 minute 30 de pause et deux verres d’eau plus tard, en voiture Simone !

 

La montée jusqu’au col de Bastanet se fait au pas de course, à 10’30 au km, ce qui permet de reprendre trois coureurs juste avant le col. Mon frère fait demi-tour au col, rendez-vous à l’arrivée ! Les premiers mètres de descente qui suivent le col permettent de tester les jambes et d’évaluer la fraîcheur des trois coureurs qui me suivent. De mon côté, tout va bien, la tendinite a disparu (au moins dans la tête), les muscles sont souples. A mon avis, la chaleur de l’après-midi ma permis de garder du jus dans les jambes. J’attaque à fond le raidillon qui suit le col histoire de voir. Au bout de 300m, je me retourne : les gars sont encore dans le 1er tiers du raidillon ! Mon sang ne fait qu’un tour : si les trois gars qui me suivent ont les pattes grillées, alors c'est peut-être pareil devant ! Char-gez !

 

Je pars à fond, les jambes sont bien là. Au bout de 10 minutes, je dépasse trois gars en train de marcher. Dingue ! A oui mais non, on ne court pas la même distance, ils sont sur le 160km ! A voir la tête de certains, je me demande s’ils vont finir la course, les pauvres. Je poursuis sur ma lancée, je double des poignées d’ultra-trailers mais je ne vois aucun coureur du 80km. Où sont-ils ?

 

Merlans, pas le temps !

J’accélère encore jusqu’à l’arrivée au dernier ravitaillement de Merlans. Je ne m’arrête pas, je bois quelques gorgées d’eau au tuyau d’arrosage et je repars aussitôt… en 17ème position ! En fait, j’ai dû doubler des coureurs depuis les lacs de Bastan sans m’en apercevoir. J’ai dû les prendre pour des coureurs du 160km. Les jambes sont toujours au top, mais les ongles commencent à couiner. J’imagine que je vais en perdre deux ou trois, rien de méchant mais c’est un peu douloureux quand-même. Il y a toujours un peu de casse dans les fêtes !

 

J’attaque la dernière côte de la journée, la montée au col du Portet. Au moment de partir, je vois un concurrent sortir du ravitaillement. Il s’agit d’un coureur du 80km. Action ! J’appuie sur le champignon, je donne tout et je ne regarde plus derrière. Arrivé au col, je me retourne, le coureur en est à peu près à la moitié de la côte. Cela me laisse une avance confortable ! Je pars à fond dans la descente et sur la première section très raide, je croise des coureurs du 160km qui descendent en marche arrière. J’ai mal pour eux ! Je n’ai pas de bâtons et la verticalité des pentes commence à faire chauffer les cuisses. Soudain, j’aperçois plus bas un coureur qui, vu son rythme, doit être sur le 80km. On oublie les cuisses qui chauffent, on accélère ! Les grosses pentes sont passées, je peux allonger davantage la foulée.

 

Au 78ème kilomètre, ma montre rend l’âme, après 12h45 de bons et loyaux services. J’ai envie de tout donner mais je crains d’exploser car 5-6km en descente, c’est long, surtout quand on n’a pas une idée précise de ce qui reste. J’accélère « à fond prudemment », jusqu’à apercevoir loin devant un coureur. Je me retourne, personne. C’est le moment de gagner des places ! Turbo Boost ! J’approche assez rapidement du coureur qui ne semble pas trop pouvoir accélérer. Je continue sur ma lancée, je ne le vois bientôt plus derrière moi.

 

Quelque minutes plus tard, Oh ! Un autre coureur ! Turbo Boost ! Même scénario ! Je commence à entendre le commentateur de la course, plus que quelques lacets avant les deux derniers kilomètres de plat. Il ne faut pas lâcher… Oh ! Encore un coureur !!! Turbo Boost ! Je le double dans le dernier lacet, à 30m de la route ! Je court comme un fugitif sans me retourner. Pourvu qu’il n’accélère pas, je n’ai quasiment plus de réserve sous la pédale ! Je me retourne sur la dernière ligne droite avant l’entrée dans le village : personne derrière. Devant : personne non plus.

 

The end

Alors je relâche un peu, l’arrivée est à 500m, je me demande si je n’ai pas halluciné, il doit y avoir un loup quelque part. Je franchis la ligne bien éclaté mais encore dubitatif. On scanne ma puce : 14ème, 13h33 ! Ce n’est pas un rêve, c’est bien réel. Ouah ! Les 2 coureurs que j’ai doublé en fin de course arrivent, nous nous félicitons, nous sommes heureux d’être arrivés ! Direction ensuite le ravitaillement, un bon gros verre d’eau, assis sur une chaise, à l’ombre de la tonnelle, fourbu, heureux. Comme la vie peut-être douce !

 

Ah que merci !

Un grand merci aux orchestrateurs de cette course, d’une amabilité aussi grandiose que leur professionnalisme. Et puis un grand merci à mon équipe de choc, mon frère et mes parents, qui ont découvert l’univers du trail à cette occasion et qui se sont investis sans limite pour me soutenir ! Et bien-sûr un immense merci à ma femme et à nos bouts de choux qui subissent les hauts et les bas d’un amateur passionné. Papa bobo zenou ? :-)

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22 juin 2007

En route pour de nouvelles aventures

Bonjour !

Ce petit blog va se reposer quelques temps, car un autre voyage se prépare.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur cette adresse !

A bientôt !
...

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09 mai 2007

Bonjour à tous !

Quelques mois se sont écoulés sans le moindre message ! Et pourtant ! Voyage en Russie, snowboarding à gogo, nouveau voyage en cours de préparation... Tout vient à qui sait attendre ! La suite dans les semaines à venir avec plein de détails croustillants.

En guise de mise en bouche je peux dire que le printemps va bientôt arriver (il n'est jamais trop tard) et que l'apéro en terrasse devient possible ! J'y retourne...

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04 mai 2007

Tromsdalstinden... à ski !

Après des mois enfoui sous la neige le temps est venu de redécouvrir le Tromsdalstinden, fameux sommet dominant l'île de Tromsø. Trop avalancheux au coeur de la saison il devient chevauchable à partir de mai lorsque les pentes sont purgées.

Ainsi donc vélo jusqu'à la cathédrale arctique puis montée à pieds jusque dans le cirque du Tromsdalstinden. Il a fallu ensuite chausser les raquettes devant la raideur des pentes glacées. Seules les pointes avant mordaient dans la glace, ce qui peut donner une idée de l'état de la neige.
Arrivée rapide au sommet, pique-nique bronzette, puis descente par le chemin de montée, complètement glacé, du grand sport !

Bref une journée magnifique, vous trouverez dans la colonne de  droite l'album correspondant.
(Cliquez pour agrandir)

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11 février 2007

Saami

Cette semaine à Tromsø était consacrée au peuple Saami. Nourriture traditionnelle, spectacles en plein air, musées gratuits, tout était mis en oeuvre pour présenter ce peuple auparavant nomade vivant au nord de la Scandinavie.

Mais qui sont les Saamis ?

Comme mentionné ci-dessus, c'est un peuple à l'origine nomade vivant de l'élevage de rennes et de la pêche. Le nomadisme était la condition nécessaire à la survie du peuple dont les déplacements s'effectuaient en fonction de la fertilité des terres. Car il faut savoir que l'élevage de rennes n'a rien de simple. En plus de vivre dans des climats particulièrement rudes, les rennes ne se nourissent que de ... lichens, végétaux au développement extrêmement lent. Et pour nourrir un animal de 200 à 300 kg, autant dire qu'il leur faut en avaler des quantités incroyables. Il faut ajouter à cela la neige et la glace en hiver qui recouvrent leur assiette pour se rendre compte des difficultés d'élevage.

Afin de maintenir la pérennité des troupeaux, les Saamis ont donc créé une organisation appelée " Siida " (" famille ") regroupant des éleveurs de rennes spécialisés dans la répartition des terres. Ces éleveurs se déplacent sur les terres du grand nord et se chargent de répartir chaque année les Saamis en fonction des zones fertiles et protégées des glaces, et font en sorte de ne pas surmener les terres. Ce management pastoral, flexible et adapté aux variations saisonnières a permis aux Saamis de vivre sur ces territoires nordiques pendant des siècles. Il est difficile de dater l'apparition de ce peuple, mais on trouve des traces de leur existence datant de plus de deux mille ans.

Mais ce fonctionnement ancestral a connu de profonds bouleversements, en particulier à partir de la deuxième moitié du 18ème siècle. Jouxtant la Russie, les aires où vivent les Saami (dont les frontières ne sont pas clairement délimitées) ont été sujettes à de nombreuses pressions. La Norvège désirant contrôler cette région, des politiques d'assimilation ont été mises en place à partir du 19ème siècle de sorte à intégrer les Saamis à la population norvégienne. Jusque dans les années 1950, les enfants Saamis devaient suivre une éducation scolaire norvégienne, la langue Saami était interdite en public.

A l'image de la Bretagne en France, ces politiques ont créé une césure importante entre parents à l'éducation saami et enfants à l'éducation mi-saami, mi-norvégienne. Le savoir traditionnel s'est progressivement éteint, et le peuple norvégien a alors pris le contrôle de l'exploitation des ressources naturelles des régions du Nord. Ces politiques colonisatrices ont commencé à disparaître à partir des années 1950. La langue Saami a été réintroduite dans les écoles primaires norvégiennes, les Saamis sont aujourd'hui représentés au parlement norvégien.

Cependant, malgré cette nouvelle reconnaissance du peuple Saami, la pêche est aujourd'hui industrialisée, l'élevage de rennes est essentiellement contrôlé par des coopératives norvégiennes, etc... S'ils ne vivent plus de ces activités traditionnelles, les Saamis ont cependant trouvé une reconversion particulièrement lucrative : le tourisme. Visite du Cap Nord, randonnées avec des chiens de traîneau, treks à ski, pêche, festivals traditionnels, vente d'objets Saamis (couteaux, vêtements...), séjours sous des tentes Saami, constituent une source de revenu importante.

Il est intéressant de constater que les aspects traditionnels de la culture Saami sont présentés au public au moyen de technologies et d'infrastructures ultra-modernes. S'il est vrai que les nombreux touristes intéressés par la culture Saami sont à la recherche " d'authenticité " et d'un " retour aux sources " (Kalstad), il n'empêche que ce séjour au grand air et en adéquation avec la nature est mieux supporté lorsqu'il est possible de dormir dans des bâtiments chauffés et confortables. Motoneige et pêche sur un lac gelé pendant la journée, soirées en famille à l'hôtel, shopping traditionnel en milieu de séjour. Répondant à un public financièrement aisé, le confort du séjour et la qualité des prestations sont essentielles pour conserver cette clientèle. Hôtels mariant bois et surfaces vitrées, hélicoptères en cas d'urgence, réseau de téléphonie cellulaire font partie de l'environnement Saami.

En guise de conclusion, je dirais que les Saamis ont su tirer profit de l'ambivalence qui caractérise leur identité après deux siècles d'assimilation norvégienne. Peuple aux coutumes traditionnelles, les Saamis n'hésitent cependant pas à faire appel à des technologies de pointe pour mettre en valeur ce patrimoine culturel. Comme l'écrit Kalstad, le tourisme est peut-être un moyen de préservation de la culture Saami qui n'aurait pas subsisté (après assimilation norvégienne) sans l'intérêt qu'elle suscite auprès des Européens et des Américains. Selon l'auteur, " l'enjeu politique actuel est de trouver des compromis entre préservation de la culture Saami et développement du tourisme, entre tradition et modernité, entre intérêts locaux et intérêts globaux ".

L'album photo numéro 84 présente une activité traditionnelle Saami organisée dans le centre-ville de Tromsø: la course de rennes. Chaque compétiteur chaussé de skis s'élance sur une piste de neige, tracté par un renne. L'objectif est simple, arriver premier au bout de la piste. Chaud devant !



Pour aller plus loin et en savoir plus sur le peuple Saami : (non traduit malheureusement)

Bjorklund, Ivar, 1990 : "Sami reindeer pastoralism as an indigenous resource management system in northern Norway : a contribution to the common property debate", Development and change, no 21.

Kalstad, J.K.H. and Viken, A., 1996 : "Sami tourism - Traditional knowledge Challenged by Modernity". In Helander, E., Awakened Voices. The return of Sami knowledge. Diedut 1996:4, Nordic Sami Institute, Kautokeino.

Minde, Henry 2003 : " Norwegianization of the Samis - why, how, and with what consequences ? " Acta Borealia.

Solbakk, John T. : " The Sami people " Ed author. A handbook.

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30 janvier 2007

Soleil

Après plus de deux mois et demi d'absence, le soleil est réapparu ce midi. Deux heures plus tard, je ressens encore son effet, comme si un morceau de soleil était entré dans la tête. Heureux de le retrouver, il commençait à manquer ! La vie peut enfin reprendre, fini le temps de l'hibernation.

Voici quelques photographies prises pendant la nuit polaire à Tromsø.

Dabord quelques panoramas, toujours les mêmes, depuis mon quartier (cliquez pour agrandir) :

2 janvier 2007, 12H00 :
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21 janvier 2007, 12 H :
pano_2_21_01_12h

Voici maintenant une vue de la fenêtre de la cuisine. Isolation norvégienne oblige, la neige colle aux vitres sans fondre ! La ville est enfouie sous 1,20 mètre de neige, et ce n'est que le début.

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Les autres photos se trouvent dans le nouvel album "aurores boréales suite". N'ayant malheureusement pas de pied, j'ai été obligé de pousser la sensibilité de l'appareil photo pour éviter les flous, d'où un qualité d'image assez moyenne, et un manque de netteté malgré tout.

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21 décembre 2006

Bonne journuit !

Nous sommes le 21 décembre, le jour le plus sombre de l'année. Eh bien c'est réussi ! Pluie en continu depuis deux jours, la neige a fondu (elle revient demain : trente centimètres !), autant dire qu'il est difficile de savoir s'il y a eu de la lumière dans la journée !

Quelques mots à propos de la nuit polaire et de ses effets sur l'organisme. L'absence de soleil pendant deux mois, et même de lumière au plus profond de l'hiver (en ce moment) provoquent de nombreux troubles du sommeil chez certaines personnes : somnolence la journée, et insomnies aux heures où il faut dormir... L'horreur.

Nuit polaire et effets sur l'organisme

Mon colocataire (médecin l'an prochain, je crois en la médecine !) explique que l'être humain est doté d'un cycle de 25 heures environ. La lumière du soleil au quotidien corrige ce cycle, et permet de conserver un cycle d'environ 24 heures (rotation de la Terre), basé sur le jour et la nuit. On peut ainsi dormir la nuit et être actif le jour. Mais en l'absence de lumière, le cycle biologique n'est plus corrigé. On se décale alors chaque jour d'une heure environ. Bilan : après douze jours, on fonctionne à l'envers, avec douze heures de décalage ! On veut dormir quand il faut être actif.

Dix à vingt minutes de soleil (même indirect : dans les bâtiments ou quand le temps est nuageux) chaque jour protègent de ce décalage. Et une journée sans voir la lumière du jour n'a que peu d'impact, il faut une certaine période de noir pour dérégler son organisme.

Pour pallier ce problème, certaines lampes reproduisant le spectre lumineux du soleil sont installées à l'université. Il suffit de s'y rendre chaque matin pendant une semaine pour retrouver un rythme "normal", ou plutôt basé sur les 24 heures de rotation de la Terre. Ceci étant, rien ne vaut une bonne cure de vrai soleil !

Evolution de l'ensoleillement

Voici quelques panoramas pris depuis mon arrivée à l'heure d'ensoleillement maximal (12h00 12h30). Ici à Tromso (400 kilomètres au Nord du cercle polaire), le deux septembre, la nuit noire n'existait pas. Le soleil se couchait mais affleurait à l'horizon, le ciel restait donc toujours lumineux.

Aujourd'hui c'est l'inverse, le soleil lèche l'horizon deux heures par jour mais il n'apparaît plus depuis le 21 novembre, et il fait nuit le reste du temps. Retour du soleil (10 minutes seulement) le 21 janvier !

On peut voir sur les images que dès le 20 novembre, les éclairages publics restent allumés en pleine journée !


Vue depuis mon logement
(Cliquez pour agrandir)

2 septembre 2006, 12H30 :
2_sept

 

27 octobre 2006, 12h30 :
27_oct

 

20 novembre 2006, 12h30 :
20_nov

 

21 décembre 2006, 12h30 :
21dec

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19 décembre 2006

Ski de fin d'année

Les examens sont terminés, il est temps de retrouver un peu de forme physique, car hormis la sortie vélo quotidienne pour se rendre à l'université et les deux petites séances d'escalade hebdomadaires (plus un peu de ski de fond...), l'intensité des débuts a quelque peu disparu.

Aujourd'hui, Sylvain et moi décidons de chausser les skis de piste, histoire de les tester pour les mois à venir. Départ depuis la maison de Sylvain, il suffit de quitter les charentaises et de chausser les skis : la neige recouvre les routes, on skie donc depuis la porte d'entrée !

Nous voici vingt minutes plus tard sur le mont qui domine notre quartier, avec vue sur l'ensemble de l'île. Un petit sentier abrupte en été se transforme aujourd'hui en excellente piste de descente. Beau temps, lumière pendant une heure et demie (neige et crépuscule donnent suffisamment de luminosité pour voir les reliefs), chutes dans la poudreuse, rien de tel pour passer une bonne matinée ! La neige est excellente, trente centimètres de poudreuse, c'est un bon avant-goût des sorties de la rentrée prochaine, quand la lumière reviendra.

Vous pourrez trouver un petit album dédié à cette sortie dans la colonne de gauche...

Cliquez sur la photographie pour agrandir :

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05 novembre 2006

Snowboard

Grâce à un record historique pour le mois d'octobre (70cm de neige à Tromsø), la saison de ski a déjà commencé, depuis le centre-ville jusqu'aux sommets environnants.

Ce week-end, première descente hors piste en snowboard ! Et pourtant je n'ai ici ni raquettes à neige pour gravir les montagnes, ni snowboard pour les descendre. Alors comment ? Voici la petite histoire, provenant d'un heureux concours de circonstances.

Par ce vaseux samedi après-midi (soirée de la veille...), nous décidons, Myrtille et moi, de sortir de notre torpeur en allant grimper une petite heure dans une salle d'escalade. Une heure pas plus, nous sommes vraiment fatigués.

Sauf que pendant la séance, nous faisons la rencontre d'Yvan, italien installé en Norvège depuis un an, qui nous propose de manger chez lui. Incapables de refuser l'invitation, nous atterrissons dans une immense et chaleureuse maison habitée par dix colocataires. Apéro, repas d'enfer autour d'une grande table ronde
(Yvan est un cuisinier hors pair), vin rouge (c'est tellement rare ici !), les valeurs sûres !

Puis vers minuit, une discussion saugrenue parvient à mes oreilles : quatre des zozos de la maison sont tentés pour partir au petit matin en bus dans les terres pour y faire du ski Telemark. Les jours diminuent, il fait nuit à 14H30, donc il faut décoller de bonne heure. Ils nous proposent de les joindre, Myrtille refuse (essai à rendre, il faut parfois travailler à l'université !), j'accepte bien évidemment !

Sauf que je n'ai pas de skis, ce qui est tout de même embêtant pour gravir mille mètres de dénivelé dans la poudreuse, et frustrant de devoir dévaler les pentes... à pieds.

Les norvégiens me proposent alors un vieux snowboard, il ne reste plus qu'à trouver des raquettes à neige sans lesquelles il paraît impossible de monter au sommet : on enfonce jusqu'à la taille dans la neige. Mais trouver des raquettes à minuit pour le lendemain matin... Pas question d'abandonner ! Du coup il va falloir construire des raquettes !

La fatigue se faisant sentir, nous décidons de profiter des quelques heures qu'il nous reste pour dormir, on verra demain pour le système D.

Réveil douloureux... Petit déjeuner avec les restes du repas de la veille, puis en route pour construire des raquettes !



Comment construire ses raquettes à neige

-Ingrédients : prenez une paire de crampons d'alpinisme, deux grilles de four, des lanières (ou des sangles, des lacets...).

Voici de beaux exemples de grille de four !

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-Fixez les crampons à l'aide des lanières sur les grilles, puis attachez les chaussures aux crampons, et c'est parti !



Premier test en attendant le bus, devant les passants interloqués : ça marche, les grilles empêchent d'enfoncer dans la neige, parfait, ou disons plutôt que c'est mieux que rien !

Après cinquante kilomètres de bus, nous voilà au pied de la montagne, un snowboard attaché dans le dos avec des lacets sur mon cartable d'écolier, des grille de four au pieds... Tout va bien, il n'y a que mille mètres d'ascension par moins quinze degrés au milieu de nulle part.

Après deux heures de montée, l'une des grilles cède, je finis les cent derniers mètres avec un pied qui s'enfonce de cinquante centimètres dans la neige et un pied qui reste à la surface. Content d'arriver au sommet, nous chaussons enfin les snowboards pour deux d'entre nous, les trois autres sont en Telemark (skis de randonnée dont l'arrière du pied n'est pas fixé). A l'attaque.

Il est 15H00, le soleil se couche, la pleine lune apparaît, les couleurs sont irréelles. En route pour mille mètres de descente éclairés par la lune dans une poudreuse exceptionnelle et sur un terrain complètement vierge...


Retour chez moi dimanche soir à 22 heures, la petite séance d'escalade du samedi aura en fin de compte duré plus longtemps que prévu, mais ça en valait vraiment la peine.

Un grand merci à Nina, Steiner, Eik et Aakon avec qui j'ai passé un formidable week-end et qui m'ont fourni tout le matos, du snowboard en passant par les grilles de four.

Je n'ai malheureusement pas pu faire de photographies, je n'avais pas imaginé la suite de la séance de grimpe !
 

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30 octobre 2006

Premières neiges

Difficile de réaliser que nous ne sommes qu'en octobre ! L'île a revêtu son manteau d'hivers en quelques heures après de fortes chutes de neige. Incapables de rester en place, Myrtille Sylvain et moi avons sorti... les vélos !

Le moins qu l'on puisse dire c'est que les vélos ont quasiment disparu de la circulation avec les premières chutes de neige. La solution pour pédaler sans patiner existe pourtant, il suffit d'installer des pneus cloutés (cliquez sur la photo) :

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Il nous fallait essayer ces pneus ! Achat, montage, essai, et là, incroyable ! Plus la route est glacée et meilleure est l'adhérence ! Nous avançons exactement à la même vitesse que sur le goudron, incroyable, l'accroche est phénoménale. Les piétons qui glissent sur les trottoirs gelés s'affolent à notre passage, pourtant le plus dangereux pour nous n'est pas de rouler mais de poser un pied au sol quand on s'arrête : on oublie vite qu'on roule sur une patinoire !

Vivement que les pistes de ski de descente soient damées, histoire de faire la course avec les skieurs...

Cliquez sur les photographies pour les agrandir :

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13 octobre 2006

Copyright !

J'ai reçu de nombreux mails concernant le montage et la provenance des photographies.

1/ Non, les photographies ne sont pas "empruntées" sur la toile :
Des aurores boréales en passant par les couchers de soleils, toutes les photos ont été prises avec mon appareil. Certaines photographies appartiennent à Sylvain ou à Myrtille car nous mettons nos prises de vue en commun, mais aucune photo n'a été récupérée sur internet.

2/ Non, les photographies ne sont pas "bricolées" :

Hormis les panoramas, aucune photo n'a été retouchée. Les images sont brutes et conservent donc leurs défauts. La photo de présentation (Welcome to Tromsø...) a été réalisée dans les premiers jours de mon arrivée. Seul le titre a été ajouté à l'aide d'un logiciel de retouche d'images mais les couleurs sont d'origine. Les couchers de soleil norvégiens sont interminables, pour notre plus grand bonheur !

Concernant les aurores boréales, elles sont difficiles à photographier car il y a peu de lumière et elles bougent. Cependant il arrive qu'elles illuminent le ciel pendant plusieurs minutes et qu'elle ne soient pas trop agitées, ce qui laisse une chance de faire des photographies correctes.

Si vous désirez en savoir plus sur le phénomène des aurores boréales, je vous conseille d'aller visiter l'excellent blog de Sylvain qui a posté un message très complet à ce sujet. L'adresse de son blog se trouve dans la catégorie "liens".

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09 octobre 2006

Tromsdalstinden bis....

Ce vendredi, le temps est parfait. Johannes, Sylvain et moi n'avons pas cours, nous décidons donc d'abandonner Myrtille (qui est en cours !) pour retourner sur le Tromsdalstinden. Aujourd'hui Yann (Allemagne) et Michael (Pologne) se joignent à nous.

Départ depuis la maison à vélo, glissade sur une plaque de verglas de Yann, ça commence fort. Le sentier est parfaitement gelé, nous ne tardons pas à atteindre la neige. Montée à vélo jusqu'au fond de la vallée. Les conditions sont exceptionnelles, la vue magnifique, nous croisons un troupeau de rennes...

Redescente en vélo par les pistes de ski gelées : la terre est très dure mais ne glisse pas, vitesse et adhérence maximales ! Une bien belle journée qui se finira, une fois n'est pas coutume, dans le sauna !

Cliquez pour agrandir :

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23 septembre 2006

Tromsdalstinden

Aujourd'hui, le temps semble parfait : temps gris (on commence à s'y faire), vent... Tout ce qu'il y a de plus engageant ! Tant pis, Myrtille, Sylvain et moi décidons de tenter le Tromsdalstinden dont la partie finale est enneigée depuis quelques jours.

La pluie (quelle surprise !) s'installe après une heure de montée à vélo dans la vallée. Pas grave, on a vu pire ! Sauf que la pluie ne s'arrête pas et que je suis le seul à porter des vêtements adaptés : après une heure de pluie, Myrtille et Sylvain sont trempés jusqu'aux os. Par 1°C, ça n'a rien de confortable !

Nous croisions deux autres étudiants qui redescendent, Natacha et Xavier qui devaient randonner avec nous mais qui étaient partis une heure plus tôt. Trempés eux aussi, ils ont décidé de faire demi-tour un peu plus haut, à la limite pluie/neige.

Nous trouvons une petite cabane idéale pour la pause pique nique. 15 minutes plus tard, les quatres zozos sont gelés, il faut bouger ! Natacha et Xavier redescendent, nous décidons de continuer la rando. Il pleut toujours, mais après quelques centaines de mètres la neige remplace la pluie.

Arrivés au col, la vue se dégage un peu puis les nuages nous entourent à nouveau. Je propose à Myrtille et Sylvain de tenter le sommet, mais la réponse est "non" ! Ils sont trempés, ont froid, nous décidons donc de rebrousser chemin.

La descente de la vallée à vélo est excellente : boue, flaques d'eau, grosses pentes, nous traçons comme des cinglés Sylvain et moi sur les piste de ski de fond. Quitte à être sale, autant l'être tout à fait !
Nous sommes couverts de boue à l'arrivée, heureux comme des mômes qui saute à pieds joints dans les flaques ! Myrtille, avec un vélo qui ne freine pas, en tennis et pantacourt, sans blouson, prend plus de temps et moins de plaisir à la descente !

Suite à cette sortie, Sylvain a commandé une veste et un pantalon d'alpinisme, imperméables et respirants. Etrange ! Fin de journée dans le sauna comme il se doit !

(Cliquez sur la photo pour agrandir)

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16 septembre 2006

Sortie (humide) à vélo...

La Norvège montre enfin son vrai visage : pluie quotidienne pendant deux semaines, sans jamais vraiment s'interrompre.

Ce week-end, Myrtille, Sylvain et moi ne tenons plus en place, la décision est prise : quel que soit le temps nous prendrons le vélo ce week-end pour découvrir la rive d'en face, c'est-à-dire celle que l'on voit depuis nos chambres.

Ainsi donc, ce dimanche, départ à 10h00, temps très moyen, tant pis. Après trente kilomètres nous taillons dans la montagne, puis pause pique-nique aupès d'une vielle bicoque. Cabane lugubre (peinte en noir !), ciel très chargé, pluie fine, arbres effeuillés... Gardons le moral, il reste trente bornes sous la pluie avant de retrouver le confort ! Retour humide, vent de face, la promenade aura eu le mérite de dégourdir les jambes !

Cliquez sur les photos pour agrandir :

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15 septembre 2006

Escalade au pied du Blåmann

Désolé pour les personnes qui ne pratiquent pas l'escalade, le jargon employé dans ce message est un peu spécifique !

Depuis mon arrivée je grimpe sur l'excellent mur de la salle universitaire, trois à cinq entraînements par semaines, j'ai vite retrouvé la forme... et refait de la corne sur les doigts !

Je commence à être bien affûté et j'ai fait la rencontre des grimpeurs locaux, dont Jimmy, un excellent grimpeur local, qui m'a proposé d'aller grimper sur un site de blocs dès que la météo le permet. Il ne fallait pas le proposer deux fois...

Une semaine plus tard, le temps étant parfait pour grimper, direction le Blåmann : ciel bleu, 7°C, rocher sec, les conditions optimales pour que ça colle sur le caillou ("good friction" in english) !

Le spot se compose d'une trentaine de blocs assez difficiles, avec des reliefs très variés, de la dalle positive au surplomb de plusieurs mètres. Ce n'est pas franchement un site d'initiation, c'est même un peu raide pour s'échauffer !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la météo et le niveau des blocs préservent le site des prises patinées : n'étant grimpable que quatre mois par an et seuls les locaux confirmés y allant, on risque plus de laisser la peau des doigts sur le rocher que de zipper !

Après quelques blocs de mise en route magnifiques, les doigts se réchauffent enfin, ça colle, on va pouvoir bourriner !

Après deux heures de grimpette (au passage : un 6C bloc (cotations françaises) et un 7A bloc au deuxième essai), les doigts broutés et la température qui descend nous incitent à terminer le périple en voiture pour faire quelques photos automnales sur la côte arctique.

C'était sans doute la dernière journée permettant de grimper en extérieur, mais quelle journée !

Merci à Jimmy pour la découverte du spot et la balade !

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13 septembre 2006

Soirées saumon

L'hiver approche, les jours diminuent, voilà un excellent prétexte pour concocter des petits plats. A trois euros le saumon entier (3kgs), on ne ruine pas le budget étudiant et un seul poisson nourrit dix personnes. Mangez du saumon en Norvège, vous ferez des économies !

Ce soir c'est notre maison qui invite; c'est décidé, chaque semaine une maison prépare un saumon et doit inventer une nouvelle recette !

Cliquez sur les photos pour agrandir :

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03 septembre 2006

Citius, Altius, Fortius : Hamperokken

Aujourd'hui, vaste programme. L'idée de "petite sortie du dimanche" s'est vite transformée en "longue et difficile épreuve".

Départ huit heures, nous sommes quatre : Johannes, Myrtille, Sylvain et moi. L'objectif est de gravir le Hamperokken, un des plus hauts sommets du coin. Le temps est moyen, il a plu cette nuit, la route est trempée. Nous prenons cependant le risque de partir car la météo locale n'est pas trop pessimiste.

L'objectif du jour : quarante kilomètres à vélo, 1400 m de montée à pied pour atteindre le sommet, puis re-quarante kilomètres de vélo pour rentrer "at home". De plus en plus long ! Je crois que l'on n'ira pas au delà, car dans ce rayon de quarante kilomètre le terrain de jeu est immense.

Cette fois nous avons acheté des cartes de randonnée : 1/50.000ème, ce n'est pas très précis (il n'y a pas mieux ici) mais suffisant pour distinguer l'itinéraire depuis la vallée. Après une superbe balade à vélo, nous trouvons le sentier de départ, bien caché dans la forêt. La météo était juste, le temps se dégage, en route !

La montée au sommet se fait en deux temps :
   
    - La première étape se déroule tranquillement. Après une petite heure de balade dans la forêt, nous devons marcher sur un long pierrier dans la vallée, jusqu'à atteindre un lac verdâtre, très chargé en particules minérales. Ce lac est alimenté par le glacier suspendu qui le surplombe.

    - La seconde étape, plus ardue, consiste à remonter le pierrier sur sa gauche, jusqu'à l'arête sommitale. Cette partie se révèle assez physique car la pente fait à peu près 45°, et les 50 derniers mètres sont tellement raides qu'il faut un peu escalader.

Il n'y a rien de très difficile dans cette course, mais c'est assez aérien et il faut veiller à ne pas arracher de pierres dans le couloir final. Nous avons fait tomber un bloc par mégarde, celui-ci à dévalé la pente dans un fracas impressionnant ; fort heureusement, personne n'évoluait en dessous de nous.

Le sommet se compose d'une petite plateforme de trois mètres de large, quelle vue ! Plutôt que de redescendre par le même itinéraire, nous avons décidé de suivre la ligne de crête qui longe la vallée. La vue plongeante de chaque côté de l'arête donne l'impression de survoler le massif. Je crois que ce sommet compte à mes yeux comme l'un des plus beaux. Rien à dire, la Norvège regorge de coins magnifiques pour qui aime marcher... Et pédaler si vous souhaitez faire des économies !


Myrtille au sommet, remplissant le "Livre d'Or" qui accompagne chaque sommet.
(Cliquez sur la photo pour l'agrandir) :

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29 août 2006

Barbecue au sud de l'île

Hormis les premiers jours de mon arrivée, force est de constater que le temps est vraiment agréable depuis trois semaines.

Avec le beau soleil d'aujourd'hui, nous avons décidé de tester une coutume norvégienne : la sortie barbecue. Il suffit d'acheter pour 10 krs (environ 1.50 euros) une barquette d'alu remplie de charbon et recouverte d'un carton imbibé d'alcool, puis d'une grille. On brûle le carton, et les flammes produites font prendre le charbon, lui aussi imbibé d'alcool. Cinq minutes plus tard le barbecue portable est prêt, il ne reste plus qu'à griller les poissons et les saucisses !

Voici une photo du barbecue :

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Ce petit kit brûle pendant trois quart d'heure, et quand la combustion est terminée, d'immenses poubelles fumantes servent à jeter les barbecues à usage unique.

La pointe sud de l'île offre une belle vue sur le fjord et les montagnes, et les pelouses qui bordent l'eau sont le lieu de rendez-vous privilégié des habitants de l'île. Nous étions peut-être une centaine à profiter de cette soirée ensoleillée.

Voici quelques photos de la soirée :
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26 août 2006

Passons aux choses sérieuses : le Blåmann

Aujourd'hui, gros programme : 35 km de vélo pour atteindre le pied de la montagne, 1050 mètres de dénivelé pour atteindre le sommet, et de nouveau 35 km de vélo (il faut bien rentrer !)

Le Blåmann est un sommet mythique de la région car la face nord-ouest se caractérise par une paroi verticale de 600 mètres. C'est un grand terrain de jeu pour les alpinistes expérimentés. La difficulté des itinéraires impose de dormir en paroi, dans des "portaledges" (tentes suspendues dans le vide), rares sont ceux qui sont parvenus à sortir de la face en une journée.

Laissant cette paroi à d'autres, nous avons décidé d'atteindre la sommet par la face Est, c'est l'itinéraire le plus simple. Il faut cependant rester prudent jusqu'à la fin car la partie finale reste assez difficile, selon les dires des norvégiens locaux.

Départ à huit heures du matin, en pleine forme, sous un ciel bleu sans nuage. Le groupe se compose de Johannes (mon colocataire), Myrtille, Natacha (Belge), Sylvain et moi.

La promenade en vélo est agréable : taillée à flanc de colline, la route, très pittoresque longe le fjord ; elle donne d'un côté sur des montagnes abruptes plongeant dans la mer, de l'autre sur les bassins naturels d'élevage de saumons.

Petite pause casse-croûte avant l'attaque du sommet, histoire de refaire le plein de calories, puis en route.

Cette randonnée est magnifique. Le chemin, assez escarpé, se redresse de plus en plus, et les cinquante derniers mètres sont assez verticaux, les norvégiens avaient raison. Il faut un petit peu escalader pour parvenir au sommet, rien de compliqué, mais mieux vaut assurer ses prises de pieds et de mains.

Le vue depuis le sommet est absolument superbe, on peut voir l'océan arctique qui serpente dans les terres (ce sont les fjords), sur des distances incroyables.

Nous avons essayé de redescendre par un autre itinéraire (face sud). Mauvaise idée, il a fallu rebrousser chemin après 200 mètres de descente, bloqués par des barres rocheuses nécessitant un peu d'équipement pour les franchir.

Demi-tour donc, retour au sommet, puis descente par le chemin "conventionnel".

Le retour en vélo nous a semblé un peu plus long qu'à l'aller : les jambes commençaient à demander du repos. Tout le monde est cependant arrivé à bon port, fatigué mais avec le sourire jusqu'aux oreilles.

Voici une photo du sommet prise par Myrtille. Merci pour la photo ! On peut voir (en plus des deux niais) la partie finale du sommet, assez abrupte. Cliquez sur la photo pour agrandir :

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20 août 2006

Petit sommet du dimanche : Stuoragielas

Ca y est, la machine est lancée, l'objectif est de réaliser un sommet par week-end, si la méteo le permet. A ce rythme, il va bientôt falloir pédaler des heures pour trouver de nouveaux massifs ! Aujourd'hui, le temps est parfait, il fait même chaud (25°C au soleil), donc en route ! Nous sommes partis à six : Benjamin, Francesca, Myrtille, Sebastien, Sylvain, et moi-même.

Le Stuoragielas est une petite montagne de 750 mètres située à une demi-heure de vélo d'Orndalen (ma maison). La montée est relativement simple et courte, nous en avons profité pour faire la sieste au bord d'un lac.

Nous avons eu la chance de découvrir que les rennes sont d'excellents nageurs ! Deux rennes ont traversé le lac sous nos yeux à une vitesse incroyable ! La suite de la balade a consisté à traquer les rennes croisant notre chemin, un vrai régal. J'ai regretté de ne pas avoir emporté mon zoom pour photographier les rennes.

Encore un fois, grand merci à Sylvain pour les superbes photos de rennes (vive les zooms !).

Vous pouvez trouver les photos de la journée dans l'album correspondant.


Posté par djoze à 23:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]